CHALET ÉCOLOGIQUE – LA MAISON LA PLUS VERTE AU QUÉBEC

 

Depuis les Fêtes, toutes les trois semaines, Benoît Lavigueur, Catherine St-Jacques Thériault et leurs enfants mettent le cap sur Bolton-Est, en Estrie, et profitent de leur toute nouvelle maison de campagne hyper verte.

Véritable lieu de rassemblement, le chalet ancré dans le roc accueille régulièrement d’autres membres de la famille ou des amis, qui en profitent pour se joindre au couple et à leurs bambins de 4 et 2 ans, Élie et Félix.

Grand avantage : le chalet est composé de deux logements superposés de 1100 pi2, où peuvent séjourner entre sept et neuf personnes, au rez-de-chaussée et au rez-de-jardin. Lorsque deux familles s’y trouvent, chacune peut ainsi respecter son rythme, sans craindre d’importuner les autres si les enfants se réveillent plusieurs fois durant la nuit ou se lèvent tôt.

« On ne stresse pas, souligne Benoît Lavigueur. Qu’on soit avec nos parents ou nos amis, chacun a ses quartiers. On peut vraiment relaxer. Le chalet du grand-père de ma conjointe était fait comme cela, et on s’en est inspiré. »

Né à la campagne, il aime se retrouver en pleine nature. Déformation professionnelle oblige, le fondateur de l’entreprise Belvedair, spécialisée dans la construction de maisons écologiques, apprécie aussi le fait de demeurer dans une habitation fonctionnelle, confortable et hyper performante.

Il faut dire que la maison de campagne, planifiée et bâtie avec soin, lui sert de laboratoire.

Ambitieux, Benoît Lavigueur compte dépasser le pointage obtenu pour sa maison à Sainte-Martine, qui est certifiée LEED* niveau platine et détient le pointage le plus élevé au Québec pour une maison de moins de 500 000 $. Il a aussi tout mis en œuvre pour obtenir l’exigeante certification allemande Passivhaus, qui n’a pas encore été accordée dans la province. L’habitation deviendra par ailleurs la deuxième au Québec à détenir la certification Neutre en carbone.

« C’est notre 100e maison écologique, nous nous sommes gâtés, précise l’entrepreneur. Je suis un passionné d’éducation, et j’ai mis mon expérience à profit pour aller le plus loin possible. »

Depuis 2009, Benoît Lavigueur et sa conjointe ouvrent les portes de leur maison à Sainte-Martine à des groupes de visiteurs. Le chalet à Bolton-Est, surnommé « Projet Missisquoi », leur permet de poursuivre leur mission éducative en montrant l’évolution des maisons écologiques.

« Je voulais faire une mise à jour, précise le premier Nord-Américain à avoir obtenu le titre de “Héros du climat” pour son action contre les changements climatiques. Ce qu’on pensait bon il y a 10 ans ne l’est plus autant maintenant. J’ai moins mis l’accent sur des systèmes mécaniques pour faire plutôt une maison passive. Elle est super bien isolée, avec des murs de 24 pouces de largeur au rez-de-chaussée. L’étanchéité est extrême et les fenêtres sont hyper performantes. »

Le chalet se trouve à Bolton-Est pour une bonne raison : environ 60 % de la clientèle de Belvedair vient de la région de Sherbrooke. Et 65 des 110 maisons écologiques construites jusqu’à présent sont implantées dans des terrains escarpés des Cantons-de-l’Est. Le but est donc de se rapprocher et de montrer à de plus grands groupes ce qui peut être fait dans un tel contexte.

« On a fait le bâtiment le plus performant au Québec. Pour chauffer les deux étages quand il fait -30 ºC à l’extérieur, on a besoin de 2500 watts, soit l’équivalent d’un séchoir à cheveux et demi. À -10 ºC, on a besoin de 1000 watts. Il faut le montrer pour que les gens le croient. »

— Benoît Lavigueur, fondateur de l’entreprise Belvedair

Il y a encore beaucoup de préjugés par rapport aux maisons écologiques, constate-t-il. Plusieurs se demandent si elles sont confortables et compliquées à gérer. Aussi le chalet a-t-il été conçu pour être loué, afin de permettre à quiconque le désire d’en faire l’expérience.

« C’est une maison normale, indique le jeune entrepreneur de 33 ans. Elle est juste mieux planifiée et mieux construite du point de vue de son efficacité énergétique et de sa durabilité. »

Dans un but didactique, l’espace a été restreint à 1100 pi2, à chaque niveau. Les cinq chambres ont toutes des superficies différentes pour aider les visiteurs à évaluer les dimensions des pièces sur un plan.

« Les gens ont tendance à construire trop grand, note Benoît Lavigueur. Beaucoup de nos clients bâtissent une maison de campagne en vue d’y habiter à leur retraite. Ils pourront constater qu’ils n’ont pas besoin de tant d’espace. Le premier geste écologique à poser est d’ailleurs de rapetisser les pieds carrés. »

À l’intérieur, il a privilégié des matériaux écologiques, économiques et faciles d’entretien. Dans la cuisine, les plans de travail sont en stratifié, les armoires sont en mélamine sans urée de formaldéhyde et le revêtement de plancher, en linoléum. Les planchers ne sont chauffants que dans les salles de bains.

« On démontre qu’il faut mettre l’argent en priorité sur l’enveloppe du bâtiment, précise-t-il. Des fenêtres à triple vitrage n’auront pas besoin d’être changées dans cinq ans. Un comptoir en stratifié pourra par contre être remplacé par du granit grâce aux économies d’énergie réalisées ! »

* Leadership in Energy and Environmental Design

Source : LA PRESSE
http://plus.lapresse.ca/screens/0edfc4ec-9245-4358-bf82-934e8bb2b594%7C_0.html

Partage ceci :

Commentaires ( 0 )

    Leave A Comment

    Your email address will not be published. Required fields are marked *